Institut Cardus : le droit à l'avortement est-il woke 🤔?
Le 26 mars dernier, le comité jeunesse du Parti québécois de l’Université Laval organisait une conférence portant sur le futur de la nation québécoise. Est invité un député de ce même parti ainsi qu’Étienne-Alexandre Beauregard. Un jeune homme énergique, motivé et qui sait indubitablement faire parler de lui.
Ex-conseiller politique pour l’ancien premier ministre Legault, il quitte ce poste à l’été 2025 pour rejoindre l’institut Cardus, un think tank chrétien et conservateur. Depuis, il multiplie les apparitions médiatiques, en particulier depuis la parution de son dernier livre, dont la préface fut écrite par nul autre que Mathieu Bock-Côté.
Pour une famille politique qui insiste fréquemment et férocement sur la thématique de la « laïcité », il est curieux d’inviter une personne travaillant pour un lobby explicitement religieux.
Ce qui a surtout fait réagir, ce sont les prises de position antichoix de l’institut Cardus. Pour être précis, l’organisme est activement engagé pour limiter l’accès à l’avortement et a déjà publié des textes attaquant le droit à l’avortement.1
Une accusation que le principal intéressé a balayée d’un revers de la main : quelle absurdité que d’affirmer que le droit à l’avortement serait menacé en notre chère province. Ce n’est pas comme si le gouvernement de la CAQ avait tenté deux fois plutôt qu’une d’affaiblir les protections légales entourant le droit à l’avortement…
Il faut toutefois préciser que les gens qui pilotent l’institut Cardus sont tout à fait conscient·es que la subtilité est de mise, l’opinion publique ne leur étant pas spécialement favorable. Leur approche en est donc une qui privilégie le subterfuge, le tout drapé d’une rhétorique d’apparence respectable.
En plus d’inscrire leurs activités dans un contexte global, l’analyse de leur modus operandi nous permettra de mieux saisir comment ces fins stratèges fourbissent leurs armes sur nombre de champs de bataille (les thérapies de conversion, l’exonération fiscale des organismes religieux, etc.).
Les crisis pregnancy centers (CPC), la tête de pont du mouvement antiavortement au Canada
Ces organisations, que l’on pourrait traduire en « centres de crise de grossesses », jouent un rôle crucial dans la lutte contre le droit à l’avortement.
Comment? En employant un ensemble de techniques toutes plus malhonnêtes les unes que les autres : en se présentant comme une clinique médicale, en mentant sur les services offerts, en déconseillant l’avortement au profit de la parentalité ou l’adoption, en camouflant toute affiliation religieuse, en désinformant (tel qu’établir un lien fautif entre l’avortement et un risque accru de cancer).
L’objectif est d’induire le doute afin de dissuader la personne, dans un processus qui ne peut souffrir de délais.
Si j’utilise l’expression anglaise, c’est bien puisque ce fléau impacte majoritairement les autres provinces : il en existe au Québec, mais en Ontario et en Alberta, il y a substantiellement plus de CPCs que de cliniques médicales offrant des services d’avortement! Et puis, c’est sans compter les autres barrières à l’accès, la disponibilité des services variant de province en province.
Quel rapport avec l’institut Cardus?
En premier lieu, une majorité de ces CPCs sont enregistrés comme des organismes de bienfaisance - ce qui en soi est assez scandaleux - et que le think tank chrétien, vous serez stupéfait de l’apprendre, milite sans relâche pour préserver l’exonération fiscale de ce type d’organisme. C’était notamment le cas en 2024, lorsque le fédéral a considéré imposer l’impensable : les CPCs auraient été contraints d’énoncer clairement s’ils fournissent ou non des services médicaux.
Bref, vous faites œuvre de transparence ou vous perdez vos exemptions fiscales. Sans nommer les CPCs, un collègue d’Étienne-Alexandre défendait ce privilège fiscal (c’était Jean-Christophe Jasmin dans les pages du Devoir) :
Les gens se demandent pourquoi le public paierait pour les églises. […] La religion est un service public. Comme une autoroute, comme un hôpital, comme une école.
L’homme prêche pour sa paroisse, Cardus étant enregistré, au Canada comme aux États-Unis, en tant qu’organisme charitable bénéficiant d’exemptions fiscales similaires.
Dans tous les cas, le brave Parti libéral a fini par lâcher le morceau : ces exonérations, qui privent l’État de recette annuelle estimée de 1,6 à 2,6 milliards de dollars, sont toujours en place, et ce, sans même l’ombre d’un vote.
Vraisemblablement, les opérations des CPCs auraient survécu à un tel contretemps, le financement étant rarement un problème pour les milieux militants de droite. Néanmoins, ça aurait été une belle victoire, pour une société comme la nôtre, qui se targue de répudier toute influence religieuse.
Ajoutons qu’en 2022, Cardus organisait un événement sur cette même thématique, en compagnie de la directrice de Pregnancy Care Canada, la principale organisation chapeautant les activités des CPCs au pays. Il n’y a donc aucune gêne à afficher publiquement leur soutien pour ces charlatans, voire même à embaucher l’ancienne patronne d’un CPC.
Fait intéressant, l’événement incluait aussi un organisme de défense environnementale et le Conseil national canadien des musulmans. Une décision qui illustre bien les prétentions de pluralisme que Cardus désire entretenir.
L’objection de conscience à littéralement toutes les sauces
La seconde avenue par laquelle l’institut Cardus s’emploie à limiter l’accès à l’avortement se fonde sur la liberté de conscience. Illustrons le concept grâce à cette histoire, lorsqu’un pharmacien du lac Saint-Jean avait refusé de prescrire la pilule du lendemain à une femme, en 2022 :
L’Ordre des pharmaciens du Québec (OPQ) ne veut pas commenter ce cas spécifique, mais rappelle qu’un de ses membres peut refuser de prescrire un traitement à un patient en raison de ses convictions morales ou religieuses, tel que le prévoient la Charte canadienne des droits et libertés et la Charte québécoise des droits et libertés de la personne. Il a cependant l’obligation de diriger le patient vers un autre pharmacien.
L’enjeu n’est pas la liberté de conscience en elle-même, mais bien comment celle-ci est balisée. Sans tomber dans une discussion d’ordre philosophique qui me dépasse totalement, ce qu’il faut retenir, c’est que Cardus pousse le bouchon sacrément loin, en argumentant que l’obligation d’offrir une référence devrait elle aussi être incluse dans l’objection de conscience.2
Imaginez que vous êtes en milieu rural et que votre médecin de famille refuse non seulement d’offrir des services d’interruptions de grossesse, mais aussi de vous garantir une alternative.
On pourrait aussi évoquer le cas de l’Italie, où le recours à la clause de conscience complique sérieusement l’accès : « Dans certaines régions du Sud, la proportion de gynécologues qui refusent de pratiquer l’IVG dépasse les 85% ».
L’une de ces régions, la Sicile, a d’ailleurs récemment présenté un projet de loi visant à résoudre cette injustice (en requérant les hôpitaux publics à offrir ces services), une mesure actuellement contestée par le gouvernement de Giorgia Meloni. C’est ce même gouvernement qui a donné les coudées franches aux activistes antiavortement, en leur garantissant un accès physique aux établissements du milieu de la santé.
Des informations curieusement absentes du dossier produit par la Presse, en décembre dernier, sur cette femme oh combien pragmatique. En autant qu’elle fasse rouler l’économie…
En somme, ce n’est pas parce qu’une chose est légale qu’elle est accessible et c’est précisément sur ce terrain que s’engage systématiquement Cardus.
L’argument de la liberté de conscience est aussi employé pour s’opposer à l’aide médicale à mourir.
Idem pour les vaccins lors de la pandémie : la foi est évidemment une raison suffisante pour refuser un vaccin.
Et c’est sensiblement le même langage qui est utilisé pour s’en prendre à l’interdiction des thérapies de conversion (en 2021).
C’est-à -dire que le think tank évite généralement une opposition frontale à la légalité de l’avortement ou de l’euthanasie pour plutôt prétendre que le gouvernement va trop loin, typiquement en invoquant une interprétation tendancieuse des chartes de droits et libertés.
L’obligation de fournir une référence serait ainsi une atteinte à la liberté religieuse et la loi interdisant les thérapies de conversion menacerait les droits fondamentaux des personnes religieuses et… de la communauté LGBTQ+!
Voilà un langage d’apparence raisonnable, un sympathique double discours dont la classe politique peut s’inspirer : c’est justement le rôle d’une telle institution, que de produire des arguments pour le bon usage des activistes ou des député·es du Parti conservateur (et maintenant, la droite nationaliste québécoise).
Du peu que l’on s’intéresse aux activités de cette organisation « non-partisane », le pot au rose est aisément révélé. Par exemple, l’hypocrisie patente d’affirmer continuellement que l’État empiète sur les libertés religieuses, sauf lorsqu’il est question de recevoir des privilèges fiscaux, auquel cas l’État ne va pas assez loin.
Étienne-Alexandre nous offrait lui aussi une belle démonstration de bienveillance chrétienne lorsqu’il affirmait l’importance des écoles privées tout en critiquant sévèrement le financement du milieu communautaire. L’État doit investir pour la « classe moyenne » (comment la définit-il?) mais pour les classes les plus précaires de la société, il ne faudrait pas charrier non plus!
Signalons au passage qu’Étienne-Alexandre ne partage peut-être pas chacune des positions énoncées précédemment. Selon les informations à ma disposition, il ne s’est jamais opposé au système québécois des CPE, un concept que son employeur a fréquemment pourfendu. Comme en 2017, où il était question de « la misogynie du lobby des garderies ».
Le prodige du nationalisme conservateur est certainement apte à former ses propres opinions. Et c’est avec ce même libre arbitre qu’il a décidé de se joindre à un lobby religieux ayant offert une tribune à une panoplie de personnages fort peu recommandables.
Outre Andrea Mrozek, qui écrit des textes explicitement antichoix en prétendant qu’elle représente le « véritable féminisme », j’offre le cas de Jonathon Van Maren comme exemple supplémentaire : collaborateur en 2021 et 2022, c’est le type d’activiste antiavortement qui ne se gêne pas pour utiliser des images de fœtus, dans la rue ou dans un dépliant à côté d’une photo de Justin Trudeau (c’était en 2015).
Van Maren s’est d’ailleurs fait une réputation avec de grands panneaux faisant l’association entre l’avortement et d’autres « violations des droits humains tel que les génocides ». Il est depuis devenu un correspondant pour l’European Conservative, un média basé à Budapest et qui était financé, du moins partiellement, par le gouvernement de Viktor Orbán. Poste où il en mène large : il a réussi à décrocher une entrevue avec nul autre que Reza Pahlavi, le fils du dernier Shah d’Iran. Son entrevue avec Tommy Robinson, le légendaire suprémaciste blanc britannique, mérite aussi le détour.
Un maillon dans une longue chaîne réactionnaire et autoritaire
Production d’arguments et de « savoir », donc, encore faut-il propager et distribuer la bonne nouvelle, si vous me permettez l’expression. Pour ce faire, les collaboratrices et collaborateurs de Cardus bénéficient de tribunes dans un large éventail de médias.3
C’est aussi le cas d’Étienne-Alexandre, dont la capacité pour l’autopromotion est franchement épatante.4
Un autre vecteur se situe au niveau des conférences et l’équipe de Cardus est fort proactive en la matière. Le lobby religieux a notamment assuré une présence à pratiquement toutes les conférences du Canada Strong and Free Network (CSFN), un événement annuel regroupant le gratin des diverses droites canadiennes. Le journaliste Sam Harper en parlait en 2022, moment où Éric Duhaime y prononçait une allocution.
Fondée par le politicien albertain Preston Manning, cette grande foire conservatrice a auparavant rassemblé des figures telles que Nigel Farage, Karl Rove (ancien stratège du parti républicain) ou encore Márton Ugrósdy, un proche collaborateur de Viktor Orbán. Après tout, lutter contre « l’agenda woke des élites libérales », comme il était annoncé à l’édition 2025 de la CSFN, c’est une croisade idéologique qui dépasse naturellement les frontières.
Et c’est ainsi qu’il faut mesurer le véritable impact de Cardus, comme l’un des rouages dans ce large écosystème international.
Dans le même registre, nommons aussi les conférences bien secrètes de Civitas Canada. Beauregard y participait en 2024, comme l’ont fait plusieurs autres de ses collègues à travers les années. Pour vous donner une petite idée, voici l’énoncé de l’un de leurs débats : « Alors que le wokisme détruit l’Occident, ceux qui s’y opposent doivent-ils utiliser le pouvoir de l’État pour réguler le libre marché et avancer le bien commun? »
L’Actualité a produit un texte en 2015 au sujet de ce club sélect, qui s’assemble derrière des portes closes et qui a compté comme membre Stephen Harper et Danielle Smith. Surtout, il est question du réseau Atlas, une association rassemblant divers groupes de pression libertariens et ultraconservateurs, qui est basée aux États-Unis et dont l’influence est planétaire. L’Institut Économique de Montréal en est un membre, comme l’Institut Fraser ou l’Institut Macdonald-Laurier, des organismes engagés dans le même combat que l’IEDM (celui d’augmenter la misère et les inégalités sociales). Une mission qui amène leurs membres à participer aux conférences de Civitas ou de la CSFN.
C’est une communauté tricotée serrée, qui s’accommode à merveille du fascisme états-unien.
Difficile de résumer l’immense impact du réseau Atlas et de ses multiples satellites. Pour ce faire, je me permets de citer le résumé d’un rapport produit par l’Observatoire des multinationales (un média d’investigation français) :
Lancé dans les années 1980, l’Atlas Network est aujourd’hui l’un des plus importants réseaux de think tanks au monde, financé par des fondations américaines comme celles des frères Koch et par des multinationales. Son objectif avoué est de recouvrir le monde de think tanks et autres organisations libertariennes et souvent ultraconservatrices pour « changer le climat des idées » et s’attaquer à des causes comme l’action climatique, la promotion des droits des femmes et des minorités, la justice fiscale ou encore les services publics.
Le réseau se prévaut de nombreuses victoires politiques tout autour de la planète, comme le rejet de référendums au Chili et en Australie, le Brexit, le départ forcé de Dilma Rousseff au Brésil ou encore l’élection en Argentine de Javier Milei, très proche du réseau.
L’intérêt de ce réseau n’est donc pas uniquement d’ordre financier, les avantages sont multiples pour une structure comme Cardus : partage d’informations, réseautage avec la classe politique, renforcement de leur crédibilité et élargissement de leur audience (sachant qu’une visibilité accrue leur garantit un plus large bassin de donateurs et donatrices).
J’ignore toutefois comment la droite religieuse fait pour conjuguer ses valeurs chrétiennes avec celles des oligarques qui planifient la mort de millions de personnes à coup de famines et autres calamités provoquées par la crise climatique. En tout cas, les ultrariches trouvent évidemment leur compte, autrement ils et elles n’engageraient pas leurs faramineuses fortunes pour financer le mouvement antiavortement ou plus récemment la mouvance transphobe.
« Intimidation idéologique » et liberté d’expression
De retour à la conférence organisée par les jeunes péquistes, à l’Université Laval. L’invitation de Beauregard a évidemment fait réagir, une association étudiante a appelé à l’annulation, les nationalistes ont joué la carte de la liberté d’expression. Bon, vous connaissez la chanson : la provocation, ensuite la victimisation, c’est important de parler à tout le monde, comme les complotistes de Rebel News, etc.
À titre personnel, si les jeunes péquistes veulent inviter un influenceur qui s’oppose au projet du tramway (puisque la densification urbaine serait néfaste pour le taux de natalité)5 et qui travaille pour un lobby religieux militant pour limiter l’accès à l’avortement, je me dis : pourquoi pas?
S’associer avec un tel champion, en fin de compte, c’est leur choix.
Même s’il est curieux de voir des nationalistes fricoter avec un homme qui défend John A. Macdonald et Don Cherry, deux figures typiquement honnies chez les souverainistes.
Dans tous les cas, ce n’est évidemment pas une question de liberté d’expression. Ce qui est contesté, c’est la promotion d’idées réactionnaires et liberticides sur un campus universitaire. C’était un scénario similaire qui s’était joué lorsque le gouvernement de la CAQ avait annulé la tenue d’une conférence antiavortement au Centre des congrès de Québec.
D’ailleurs c’est sensiblement le même enjeu que pour les lois interdisant aux manifestant·es de se pointer à moins de 50 mètres d’une clinique médicale offrant des services d’interruptions de grossesse : on vous demande simplement d’exercer votre liberté d’expression un peu plus loin. Une autre bataille dans laquelle Cardus est engagé, soit dit en passant.
En conclusion, je dois saluer l’honnêteté dont font preuve les péquistes. Car le message est clair : le futur du Québec - telle était la thématique de la conférence - sera construit en compagnie d’un lobby chrétien activement impliqué dans le virage autoritaire actuel.
Et dénoncer ceci, ce serait une forme « d’intimidation idéologique », selon le député péquiste Alexandre Boissoneault.
Une posture assez cohérente avec celle de son chef, qui a annoncé son intention d’instaurer un tribunal politique pour débusquer le « wokisme » dans les universités.
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Le texte d’Andrea Mrozek, est assurément le meilleur exemple (« The Feminist Fight Against Abortion »). Citons aussi cette chronique sur le film anti-choix Unplanned ou encore cet article à teneur pseudo-philosophique (« Pro-choice views are inconsistent with the preservation of a free society »). ↩︎
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Tel qu’explicité dans ce texte (« While these practitioners are exempt from directly providing procedures that violate their conscience, they are still required to provide effective referrals ») ou encore dans celui-ci (chercher pour « referral »). ↩︎
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Quelques exemples de chroniques, vous pouvez aussi consulter leur propre page sur leurs apparitions médiatiques :
Peter Stockland a écrit pour l’Epoch Times : « It’s Time to Stop Toeing the Line of Ideological Craziness », « Quebec’s Language Law: How Pointless Is Bill 96? ».
Brian Dijkema, le président de Cardus, a écrit pour le Globe and Mail : « Taxing today’s religious institutions because of residential-school horrors would be missing the point », « There’s merit in payday loans, and the government’s new rules do little to help ».
Et pour The Hub : « American solutions won’t solve the problems fuelling Canadian populism », « Restoring a proper labour market would solve Ontario’s long-term care woes ».
Catharine Kavanagh a publié quelques textes pour le Calgary Herald : « Public funds for independent schools is a worthwhile investment in society », « Uncertainty reigns amid teachers’ contract talks ». ↩︎
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Cette liste n’est pas exhaustive.
7 août 2025 | Entrevue à QUB Radio : « Il faut expliquer la laïcité québécoise aux Anglo-Canadiens ».
18 septembre 2025 | Parution du livre Anti-civilisation : pourquoi nos sociétés s’effondrent de l’intérieur (préface de Mathieu Bock-Côté). Sous-titre : « Et si la génération Z pouvait sauver l’Occident? ».
22 septembre 2025 | Entrevue à Sud Radio (France) avec André Bercoff : « Comment expliquer la crise civilisationnelle occidentale? ».
4 octobre 2025 | Passage sur le plateau de CNews, à l’invitation de Mathieu Bock-Côté : « Les normes protègent les plus faibles ».
30 octobre 2025 | Entrevue au balado complotiste Elo Veut Savoir.
31 octobre 2025 | Entrevue au balado de Rémi Villemure, Il reste du monde : « Notre CIVILISATION va-t-elle SURVIVRE? ».
31 octobre 2025 | Entretien dans La Nef (magazine catholique français) : « L’effondrement d’un monde ». Au menu : la crise de la nation, le rôle de l’État, le conservatisme du bien commun.
12 octobre 2025 | Entrevue au média Frontières (médium québécois d’extrême droite, style Rebel News francophone) : « Tout le monde s’accorde sur le déclin de l’Occident! ».
31 octobre 2025 | Entrevue à Libre Média, la plateforme complotiste de Jérôme Blanchet-Gravel (un ancien de RussiaToday, assez réactionnaire et réputé pour ses propos antivaccins) : « Un échange riche et nuancé sur les origines du malaise civilisationnel contemporain ».
5 novembre 2025 | Tribune dans Le Devoir : « Du danger de tenir la cohésion sociale pour acquise ». Droit de réponse accordée suite à une tribune de trois jeunes indépendantistes critiques du nationalisme conservateur.
15 novembre 2025 | Entrevue au balado de Jeff Fillion.
18 novembre 2025 | Participation au forum national contre le « racisme libéral ». Organisé par le député conservateur Jamil Jivani, ce n’est techniquement pas une parution médiatique mais elle me semble pertinente car au sujet des politiques DEI (« the downsides of DEI policies and how this tyrannical ideology has infiltrated every institution in Canada »).
2 décembre 2025 | Entrevue au balado Ian et Frank, deux dudes dans l’orbite de Radio X (Frank dit « le dédomiseur » est un intervenant régulier).
29 décembre 2025 | Passage au balado 7 jours sur Terre de Benjamin Tremblay (l’homme avec lequel il partage le panel inspirant ce texte, d’ailleurs).
12 janvier 2026 | Tribune dans La Presse : « Notre système d’éducation doit rester pluraliste ». Sympathique défense de l’école privée, renommé en « école autonome ».
15 janvier 2026 | Chronique à Radio X : « Le prochain chef de la CAQ doit être de centre-droite ».
11 février 2026 | Tribune dans Without Diminishment : « Une croisade idéologique pour changer Québec ». Charge en bonne et due forme contre le maire de Québec, l’immigration détruit le caractère unique de la ville, à bas le tramway, etc.
6 février 2026 | Deuxième passage chez Libre Média : « Pluralisme éducatif au Québec et mythe de l’école à trois vitesses ».
4 mars 2026 | Entrevue au balado de Jerr Allain : « Auteur de Anti-civilisation, il y livre une charge lucide contre les dérives du libéralisme contemporain, explore les impasses de la déconstruction sociale et dénonce la fracture grandissante entre les élites et la volonté des citoyens ordinaires. ».
24 mars 2026 | Entrevue à FM 107.7 : « Ce n’est pas de subventions publiques dont manque la société civile québécoise, mais plutôt de dons de charité venus des citoyens ».
29 mars 2026 | Entretien dans Le Regard Libre (magazine suisse conservateur): « La nation, c’est l’inverse des tribus ». ↩︎
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En février dernier, Étienne-Alexandre a pondu une chronique attaquant le maire de la ville de Québec, qu’il accuse de mener « une croisade idéologique », en visant explicitement le projet du tramway et en faisant un amalgame pas raciste du tout entre l’augmentation de l’immigration dans la région et une prétendue baisse du capital social (« Il semblerait donc que ce qui a longtemps fait la différence de la Ville de Québec soit à risque de s’effacer, pour faire place à la vision des grandes métropoles occidentales, qui misent sur la densification et une immigration incontrôlée pour produire des villes inabordables et en grave déficit de capital social »). En plus de mettre la crise du logement sur le dos de cette dernière.
Pour ce qui est du lien avec le taux de natalité, il faut souligner qu’Étienne-Alexandre évite souvent cette terminologie pour plutôt parler de politique familiale ou « pro-famille ». Au balado de Ian & Frank, les trois larrons reviennent sur le texte attaquant le maire Marchand et ils ressassent ce lien fumeux entre la densification urbaine et la baisse du taux de fécondité, tout en célébrant la culture de l’automobile (la séquence sur la natalité commence vers la septième minute).
Bref, faites le calcul : il est impératif de réduire l’immigration, mais par contre, il faut augmenter le taux de natalité, le tout provenant d’un employé d’un lobby religieux… ↩︎